L'huile d'andiroba
Extraits de l'Amazonie Brésilienne, livre de 1922, écrit par Paul Le Cointe qui était directeur du Musée Commercial du Para à Belem
L'arbre connu en Guyanne Française sous le nom de "carapa" est aussi très connu en Amazonie; c'est l'andiroba (Carapa guyanensis). Il abonde surtout dans les îles de l'estuaire du Fleuve et du Bas-Tocantins.
Son fruit est une capsule sèche irrégulière, de 7 à 8 centimètres de diamètre, s'ouvrant en quatre valves et renfermant plusieurs semences ou amandes anguleuses, polygonales, couverte d'une peau roussâtre, coriace et d'un blanc légèrement rosé à l'intérieur.
Ces amandes fournissent, par la pression, une grande quantité d'une huile fixe, épaisse, très amère (nhandy-roba : huile amère en L.g.). Les naturels s'en enduisent les cheveux et le corps pour se préserver des piqûres d'insectes; en Amazonie, on en frotte aussi les meubles pour en éloigner les vers et les termites. Cette huile est encore employée pour guérir les ulcères. Elle est excellente comme huile à brûler, et donne une lumière claire, brillante, presque sans fumée.
L'huile d'andiroba exportée sert à la fabrication du savon ordinaire et comme lubrifiant; on pourrait aussi retirer la stéarine; elle donne, à la saponification, environ 9 % de glycérine